un compatriote. Hein ! est-ce que le moment n'est pas venu de brûler
la politesse au capitaine Nemo ?
-- Non. Ned, non, répondis-je d'un ton très déterminé.
Laissons courir, comme vous dites, vous autres marins. Le Nautilus se rapproche
des continents habités. Il revient vers l'Europe, qu'il nous y conduise.
Une fois arrivés dans nos mers, nous verrons ce que la prudence nous
conseillera de tenter. D'ailleurs, je ne suppose pas que le capitaine Nemo nous
permette d'aller chasser sur les côtes du Malabar ou de Coromandel comme
dans les forêts de la Nouvelle-Guinée.
-- Eh bien ! monsieur, ne peut-on se passer de sa permission ? »
Je ne répondis pas au Canadien. Je ne voulais pas discuter. Au fond,
j'avais à coeur d'épuiser jusqu'au bout les hasards de la destinée
qui m'avait jeté à bord du Nautilus.
A partir de l'île Keeling, notre marche se ralentit généralement.
Elle fut aussi plus capricieuse et nous entraîna souvent à de grandes
profondeurs. On fit plusieurs fois usage des pla