Puissent mes amis voir encore l'aube après la longue nuit, moi je ne peux plus attendre, je pars avant eux.» est la phrase que Zweig et sa femme nous ont laisse afin d'expliquer leur suicide commun au Brésil.
Ne pouvant en effet survivre avec les atrocités du moment, ils ont choisi de partir plutôt que de rester anéanti devant une réalité tellement absurde. C'est un an après le suicide de Zweig qu'est publié Le joueur D'échecs. Sorte de testament qui a vrai dire est très explicite puisque tout le livre n'est rien d'autre qu'une métaphore fille de l'absurdité de l'envahissement nazi.
Sous l'emprise nazi, enferme dans une chambre d'hôtel de luxe , seul, sans personne a qui parler sauf a un gardien muet, dans une chambre ou la fenêtre a ete bloquee et ou on ne peut voire la lumiere du jour, Mr B. aurait pu facilement devenir bien vite fou. Afin de ne pas succomber dans cette échappatoire ou la folie l'invitait, Mr B a réussi à dénicher un manuel d'échecs. C'est ainsi qu'il comble sa solitude dans d'interminables parties d'échecs ou il représente les deux adversaires. Et tout cela il le fait sans échiquier mais mentalement. Du matin au soir, Mr B se divise en deux, fabrique un échiquier mental et joue. Et joue. Et rejoue. Mr B. transcende la folie des bourreaux par la folie du jeu et réussit ainsi a résister a la torture.
Puis, libéré, Mr B se retrouve sur un bateau ou Czentowicz, champion d'échecs arrogant, borné a outrance le défie dans une ultime partie d'échecs. Une partie envoûtante et dérisoire qui n'est autre qu'une métaphore de la victoire de l'atrocité et absurdité nazie. Et ainsi la victoire de Czentowicz se termine ainsi : |